Madeleine Vionnet

Quasiment inconnue du grand public, Vionnet est, au même titre que Chanel ou Dior, l’une des plus grandes et originales figures de la couture française.

Née dans la région Centre en 1876 et morte à Paris en 1975, elle s’installe dans la capitale à seize ans, en tant qu’apprentie dans une maison de couture rue de la Paix. Mariée à dix-huit ans, elle quitte époux et pays à vingt ans pour traverser la Manche, sous pretexte d’apprendre l’anglais. Elle est d’abord couturière dans un asile d’aliénés, puis chez Katy Reilly, laquelle copie des modèles parisiens pour habiller les dames de la bourgeoisie britannique.

De retour à Paris, elle devient première couturière chez les soeurs Callot, grande maison de l’époque oubliée aujourd’hui, puis chez Jacques Doucet. Ce qui fait son succès, c’est sa parfaite maitrise des drapés, acquis lorsqu’elle était en Angleterre. Elle est inspirée par la danseuse américaine Isadora Duncan.

Elle ouvre sa propre maison en 1912, au 222 rue de Rivoli. Elle ferme pendant la guerre, sans toute fois cesser de travailler. Elle habille Liane de Pougy ainsi que d’autres grands noms de l’époque.

 

Madeleine Vionnet travaillant sur sa fameuse figurine en bois, sur laquelle elle modélisait toutes ses robes (source:http://www.jeanmarcpaoli.com/madeleine/vionnet.html)

 

Pendant les Années Folles (1920 – 1930), passionnée de fleurs, elle fabrique des jupes corolles (c’est-à-dire que posées à plat, ces jupes forment un cercle) et introduits des fleurs en colliers, bandeaux ou sur les cols de ses robes.

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Mais l’originalité, chez elle, ne se trouve pas seulement dans la supression du corset, ou dans la coupe en biais qu’elle invente, ou encore dans ses robes fluides aux savants drapés. Elle est aussi et surtout, l’inventeur d’un système de copyright auquel on se réfère encore aujourd’hui. Chaque modèle est photographié de tous les côtés, griffé, et elle appose sur l’étiquette son empreinte digitale. Elle établit également une liste officielle des personnes autorisées à copier ses modèles.

 

Le premier jour de la Seconde Guerre Mondiale, elle prend sa retraite, âgée de 64 ans. Elle donne des cours de couture à la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, mais le reste du temps, entretient une correspondance avec Liane de Pougy et son ancienne première couturière, ou cultive son jardin.

 

Elle meurt à l’âge de 99 ans et est enterrée dans le jura dont elle est originaire, où son père reposait déjà.

 

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